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sans frontière, 2025

Un arbre mort, peint en bleu – couleur de l’invisible, du seuil – devient le réceptacle d’ombres en mouvement : des arbres vivants, projetés en lumière, viennent habiter sa surface figée. Cette superposition crée une dissonance perceptive, un trouble ontologique. L’œuvre met en tension deux régimes d’existence : la matière inerte et l’image animée, le corps disparu et sa trace persistante. Elle questionne la frontière – ou son illusion – entre le vivant et le mort. Où commence l’un, où finit l’autre ? Le vivant n’est-il pas toujours en train de survivre à travers ce qui fut ? Ici, la mort devient le lieu d’inscription de la vie, et c’est dans cette friction que se révèle leur interdépendance : la vie n’a de contour que par la conscience de la mort, et la mort ne fait sens que dans la persistance du vivant.
Par ce dispositif, l’œuvre interroge la mémoire, la persistance, l’impermanence, et ouvre une réflexion sur ce que signifie "être" après la disparition.

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